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Le Revest-du-Bion occupe le centre du plateau d'Albion (désigné sous le
vocable mons Albionis en 1082), mais son vaste territoire s'étend
vers le nord dans le massif de Lure jusqu’au Grand Terme (1370 m),
point de jonction de 4 communes, de 3 cantons, de 2 départements et de 2
régions. |
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Fondé à la fin
du XIe siècle par les moines de Cluny, qui y créent un
prieuré (l'église actuelle, située un peu à l'écart, agrandie du XVe
au XVIII siècle), le village compte en 1271 plus de 800 habitants, un
château et un hôpital; en 1394, le bourg est incendié et détruit par
Raymond de Turenne et quasiment abandonné; il se repeuple à partir du
milieu du XVe siècle. En 1546, à la veille des guerres
civiles et religieuses qui allaient ensanglanter le bas Dauphiné (dont
fait partie le Revest) et la haute Provence, les habitants décident de
fortifier le bourg en l'entourant d'une enceinte polygonale, haute de
près de 10 m, flanquée à l'origine de cinq tours circulaires et
s'ouvrant au sud par une porte monumentale: son tracé est encore bien
visible dans la trame du village. Au XVIIIe siècle, deux
maisons nobles sont construites à l'extérieur du bourg fortifié : la
bastide de la famille de Miravail (originaire du nord de Lure) à l'ouest
et celle de la famille Brochéry au sud, tandis que vers l'est se
développe un faubourg. Au XIXe siècle, de nouvelles maisons
s'élèvent le long des routes de Sault, de Banon et de Simiane et dans
les années 1870, mairie et école sont construites sur les aires
publiques, qui avaient été fort intelligemment entourées d'allées de
châtaigniers et de tilleuls dans les dernières années du XVIII siècle et
qui n'ont perdu leur fonction première (au profit d'un espace public)
que dans les années 1960.
De belles et grandes fermes des XVIIe,
XVIIIe et XIXe siècles jalonnent la partie nord -
lurienne - du terroir du Revest : le Plan de Limans, le Plan de Barruol,
Silance, les Babaous, la Vachère, le Petit, Saint-Clair, Aiguebelle...
C'est aussi par le Revest que l'on accédera le plus commodément à
l'adret de Lure, dans les anciens terroirs de Villesèche et de Valaury
("vallée où souffle le vent" ?), à la motte féodale des Crottes, à la
mine de tripoli de Villesèche, aux carrières des Caissiers, ainsi que
dans les belles plantations de la forêt domaniale de Lure (qui en
quelques décennies ont totalement modifié l'écosystème de ce secteur),
rattachés territorialement à la commune des Omergues; du col du Négron
(ou de Valaury) au pas de Redortiers, un sentier de crête offre l'un des
plus beaux panoramas des Alpes du Sud.

Source:
"La montagne de Lure" encyclopédie d'une montagne en Haute-Provence
aux éditions Alpes de lumière
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