Notre Dame de l'Ortiguière
     
 

 
     
 

La chapelle "Notre Dame de l'Ortiguière" est connue en 1274 sous le vocable Notre-Dame de la Forêt d'Albion. De l'église primitive ne subsiste que des sculptures du chœur.
Reconstruite en 1665 et au début du XIXe siècle, elle était jadis un lieu de pèlerinage très suivi. Un ermitage du XVIIe siècle, récemment transformé en gite communal, s'appuie à son chevet.
 

 
 

                                                             

 
     
 

Dans la modeste chapelle rurale établie au cœur du plateau, souvent remaniée mais attestée dès le XIIIe siècle, c'est encore le décor sculpté qui retiendra l'attention : un décor relativement tardif (XIIIe siècle), mais d'une diversité technique et d'une richesse symbolique tout à fait remarquables. Dans ce sanctuaire à chevet plat, les nervures qui supportent la voûte (reconstruite en 1665) s'appuient sur quatre tailloirs, sommairement décorés (boules, cubes, étoiles en relief), portés par des consoles en forme de têtes d'atlantes - deux visages d'hommes carrés, burinés et rudes (2 et 4), et deux visages de femmes tout en rondeur et en finesse (1 et 3) - supportant maladroitement de leurs bras le poids d'une voûte qui les écrase. Sous les têtes, quatre petits bas-reliefs : un paysan, vu de profil, vêtu d'un bliaud, enfonçant un épieu dans la gueule d'un énorme dragon, alors qu'un loup, couché sur le dos, s'apprête à dévorer le personnage par les pieds (éternelle tentation du Mal. 1) ; une face humaine très schématisée, crispée et quelque peu diabolique, qui transparaît au travers d'une métamorphose végétale, dont elle semble vouloir se dégager non sans douleur (2) ; une fugace figure féminine, aux gestes amples et gracieux (danseuse ?), naissant d'un végétal qui pourrait être l'arbre de vie (symbole de fécondité. 3) ; enfin un énorme serpent, symbole du Mal, lové sur lui-même (4). Au total, un mélange de réalisme et d'art abstrait pour transcrire dans la pierre (calcaire fin) le passage de l'homme de la terre au ciel à travers les combats et les métamorphoses qui sont le lot de chacun.

 
     
     
 


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Source: Pays de Sault et d'Albion
aux éditions Alpes de Lumière